5 conseils pour réussir son entretien d’embauche grâce à la communication non verbale

Par Hélène le 7 juin 2021

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Dans le milieu professionnel, l'art de communiquer verbalement et oralement est une qualité très appréciée depuis de nombreuses années. En effet, ce savoir-faire reflète un certain investissement personnel, mais également une capacité d'adaptation et d'ajustement de son approche communicative. Lors d'un entretien d'embauche, les recruteurs attendent de leurs candidats qu'ils soient en mesure de formuler une idée ou d'émettre un point de vue avec aisance et éloquence. Néanmoins, justifier d’une bonne maîtrise de la langue française et d’un excellent niveau d’expression orale ne suffit plus à convaincre son auditoire. Pour cause, la connaissance du langage corporel est primordiale si vous souhaitez augmenter votre pouvoir de persuasion.

 

75%  de la communication émise par les individus est non verbale

 

Cette discipline étudiée en psychologie rencontre un véritable succès dans le domaine de la formation continue, du coaching et du recrutement. D'innombrables organismes proposent chaque année des formations pour améliorer et gérer sa communication non verbale. Des chercheurs issus de la célèbre école Palo-Alto aux États-Unis ont par ailleurs procédé à des études expérimentales pour arriver à la conclusion qu'approximativement 75% de la communication émise par les individus est non verbale. Celle-ci comprend :

  • la gestuelle 
  • la posture

  • les micro-expressions faciales 

  • le toucher 

  • les intonations de la voix 

  • les silences 

 

Si la crise épidémique actuelle ne permet que partiellement de rencontrer le recruteur en face à face, le recours à la communication non verbale reste un atout considérable lors d'un entretien professionnel à distance, par visioconférence. Effectivement, le processus de sélection d’un candidat est similaire puisqu’ils requièrent tous deux une allure soignée, une posture et une gestuelle méticuleusement choisies, ainsi qu’une forme d’habileté dans tout ce qui a trait à l’expression orale. 

 

 1.  Maintenir un contact visuel pour faciliter les échanges

Regarder une personne dans les yeux peut paraitre désagréable, parfois même intimidant pour certaines personnes. Néanmoins, cette interaction non verbale ne permet pas seulement d'analyser la personnalité, mais occupe également une place importante dans les relations entre les individus.

Source - photo - Unsplash 

Regarder une personne dans les yeux peut paraitre désagréable, parfois même intimidant pour certaines personnes. Néanmoins, cette interaction non verbale ne permet pas seulement d'analyser la personnalité, mais occupe également une place importante dans les relations entre les individus. Optimisme, authenticité ou encore estime de soi font partie des signaux que vous communiquez au recruteur lors de cette étape cruciale du contact visuel. Un regard fuyant manifeste par exemple un désintéressement pour l'entreprise ou pour les propos du recruteur alors qu'un regard sûr, indique le degré d'appréciation et de considération à son égard. Il est donc impératif de conserver ce lien avec votre interlocuteur pendant l'entretien pour préserver un échange harmonieux. Les résultats d'une étude menée par Argyle et Cook en 1976 démontrent que :

  • Le temps passé à regarder l'interlocuteur dans les yeux lorsque nous écoutons est de 85 %

  • Le temps passé à regarder l'interlocuteur dans les yeux lorsque nous parlons est de 60 à 75%

  • Les regards simultanés constituent 30% de l'échange  

À noter que, l'idée de conserver un contact visuel avec le recruteur ne signifie pas, le fixer. Pour éviter de générer un malaise lié à la soutenance de votre regard sur le sien, il est préconisé de le baisser de temps à autre pour effectuer des gestes, lorsque vous riez, souriez ou hochez la tête par exemple.  

 

2. Garder une posture ouverte et une gestuelle adaptée

La position idéale

Les caractéristiques d’une posture idéale résident dans l’action de se tenir bien droit, tout en donnant l’impression d’adopter naturellement cette position. Pour cela, une astuce inspirée du coaching théâtre en entreprise vous sera d’une aide précieuse pour garder une bonne verticalité, évitant ainsi un éventuel relâchement inconscient du corps. Cette astuce consiste à simplement imaginer une ficelle au-dessus de notre tête, semblable à celle que l’on accroche aux marionnettes et sur laquelle on tire mentalement, à chaque fois que nous sentons que le corps se relâche.

 

L'attitude, la posture et la gestuelle que vous adoptez doivent être canalisées, coordonnées et harmonisées pour refléter l'authenticité.

 

Difficilement contrôlable, certains gestes parasites et tics nerveux que l'on nomme "extra-communicatifs" se manifestent de manières inconscientes et peuvent venir interférer, voire troubler votre concentration. C'est pourquoi il est primordial de comprendre comment doser sa gestuelle pour faciliter l'interprétation des messages oraux. Les manipulations d'objets tels que celui de faire tourner la bague autour de son doigt et les gestes d'auto-contact comme se gratter, se ronger les ongles ou encore se mordiller les lèvres font partie des gestes parasites extra-communicatifs.

Apprendre à maîtriser le langage corporel n'est pas une chose aisée, mais il permet de pouvoir préciser le sens de ses propos et d'accentuer la conviction de ses opinions par le développement d'images verbales dans l'esprit du recruteur. Notamment, lorsque nous manquons de vocabulaire technique ou qu'un stress important déclenche des trous de mémoire. 

 

Exemples de gestualités illustratives positives accompagnant un discours verbal : 

  1. Lors de la prise de parole, garder les mains ouvertes dirigées vers le recruteur (paumes vers le haut et doigts déliés) pour communiquer une ouverture d'esprit,

  2. Effectuer une courbe de gauche à droite ou tracer une figure abstraite dans l'espace pour symboliser une évolution,

  3. Les mains en prière devant soi, jointes à la hauteur du nez ou sous le menton et les coudes en appui, indique une volonté de consensus et d'écoute. Ce geste propre aux enseignants et aux chercheurs exprime également un désir de convaincre son interlocuteur du bien-fondé de ses propos. 

 

3. Moduler les intonations de la voix 

Le timbre de la voix, le volume, le débit, l'intensité, l'articulation, l'accent et les pauses transmettent des informations sur l'état émotionnel d'un individu. La voix est l'instrument de persuasion et d'influence le plus puissant que nous possédons parmi les nombreuses composantes de la communication non verbale. C'est ce qu'on appelle plus communément le paraverbal. La façon dont nous utilisons notre voix aura une incidence fondamentale dans nos rapports interpersonnels, notamment dans le cas d'un entretien d'embauche où l'enjeu est avant tout de gagner la confiance du recruteur et susciter son intérêt.

 

La respiration ventrale et les muscles phonatoires

L'amélioration du langage paraverbal s'effectue d'abord par le travail de la respiration ventrale et des muscles phonatoires. Jean Sommer, expert de la voix et du comportement pour la prise de parole en public préconise de préparer sa voix avant un entretien d'embauche. Cela peut être en étirant les muscles du visage et plus précisément ceux de la bouche par la pratique de grimaces. En effet, il existe plusieurs exemples de grimaces efficaces à réaliser simultanément et par alternance comme le sourire forcé d'une part pour ce qui est de l'ouverture horizontale et d'autre part, celle de positionner sa bouche en O pour une ouverture verticale. Par ailleurs, il est également utile d'enregistrer sa voix en lisant quelques pages d'un livre avec un crayon entre les dents afin d'évaluer l'articulation, le ton, le débit de sa voix et déceler d'éventuels bégaiements. L'erreur la plus fréquente, qu'il faut impérativement éviter de reproduire est celle de maintenir une voix basse et monocorde, sans effort de structuration ou de mise en valeur de certains mots. Sachez par ailleurs que des formations existent pour vous aider à mieux gérer vos émotions et votre stress et ainsi vous aider à mieux performer en entretien.

 

4. Pratiquer l'écoute active et réguler les silences

La distinction entre le fait d'entendre et celui d'écouter nous semble relativement liée car les deux actions s'exécutent par le même sens, celui de l'ouïe. Cependant, le mécanisme physiologique permettant d'entendre un individu et diamétralement opposé à celui qui nous permet de l'écouter. D'une part, le fait de percevoir des sons est un acte automatique et involontaire, car il fait partie des cinq sens avec lesquels la plupart des individus naissent et grandissent. D'autre part, l'action d'écouter résulte d'un désir conscient et intentionnel d'être attentif aux sons que l'on entend. 

Plusieurs exercices sont disponibles pour augmenter votre capacité d'écoute lors d'un entretien en face à face ou en visioconférence. Premièrement, celui d'apprendre à se défaire du multi-tasking, terme qui désigne le fait de pratiquer plusieurs activités à la fois comme écrire un mail ou lire un message sur votre smartphone tout en communiquant avec un individu en face a face. Ensuite, parvenir à ne plus interrompre votre interlocuteur lorsqu'il prend la parole en focalisant votre attention sur la conviction que des informations utiles et instructives peuvent en découler. 

 

Il est important de vous défaire du multi tasking lors d'un entretien d'embauche afin de d'accorder toute votre attention à votre interlocuteur.

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Savoir faire silence 

Savoir quand il faut prendre la parole et quand il faut garder le silence est une qualité rare que peu de personnes parviennent à développer. Le silence est employé pour diverses raisons :

  • Une volonté de s'effacer, de s'isoler ou de fuir, 
  • Pour contenir une colère, 
  • Par hésitation, incompréhension ou scepticisme,
  • Par refus de communiquer. 

 

C'est d'ailleurs précisément pour ces raisons que l'art de manier le silence est enseigné dans certains domaines comme le marketing ou encore le coaching manager. L'objectif de cet enseignement est de parvenir à maîtriser l'information par le silence délibéré, autrement dit savoir comment prendre le temps de choisir les informations pertinentes et choisir le moment le plus judicieux pour les dévoiler. En somme, c'est une stratégie de communication très efficace qui permet d'évaluer la situation pour mieux rebondir.

 

5. Adopter la synchronisation mimétique et émotionnelle

La synchronisation par mimétisme est une forme de communication universelle et innée présente aussi bien chez les êtres humains que chez les animaux. Elle correspond à la coordination des mouvements corporels associée à la reproduction du comportement et attitude d'autrui. Involontaires ou intentionnels, ces deux mécanismes employés conjointement, constituent un code verbal dans lequel des messages sont transmis par le corps et permettent d'instaurer un lien entre deux ou plusieurs individus en interaction. 

 

Les neurones miroirs 

Grâce à cette catégorie de neurones qui s'activent soit lorsqu'on réalise une action, soit quand nous observons une autre personne exécutant ou imaginant la même action, nous pouvons capter les émotions des autres. Le rôle des neurones miroirs dans l'apprentissage par imitation et dans les processus affectifs, notamment l'empathie, constitue sans nul doute notre meilleur pilote dans les rapports professionnels.

Le partage social des comportements est un avantage majeur lors d'un entretien professionnel dans la mesure où il améliore la qualité du rapport. Daniel Goleman nous dévoile dans son ouvrage l'intelligence émotionnelle, Tome 2 les astuces permettant de maîtriser nos émotions afin d'améliorer nos compétences sociales. 

L'exemple le plus représentatif mais aussi le plus réprouvé des comportements mimétiques est celui du bâillement. La célèbre expression "un bon bâilleur en fait bâiller sept" illustre parfaitement le phénomène des neurones miroirs en action dans le mimétisme par contagion. D'ailleurs, si au beau milieu d'un entretien d'embauche, un candidat finit par céder à l'incontrôlable désir de bâiller, le recruteur risque fortement de bâiller à son tour. Et pour cause, notre capacité à résister à un bâillement est très limitée. La conséquence d'un bâillement communicatif dans cette situation pourrait amener le recruteur à se sentir offensé par l'ennui et le désintérêt qu'il vous inspire. Pour développer votre faculté à adapter et ajuster votre comportement en fonction des attitudes observées, il suffit d'appliquer les conseils suivants :  

  1. Observer l'attitude, la gestuelle et les postures du recruteur afin de les adopter à votre tour avec tact et discrétion

  2. Reformuler certains propos en ajoutant des informations supplémentaires pour éviter l'effet perroquet

Les conseils publiés dans cet article sont destinés à vous prêter main-forte dans la préparation d'un entretien professionnel en face à face ou par visioconférence. Néanmoins, la maîtrise de la communication verbale et non verbale nécessite dans la majorité des cas, un apprentissage approfondi, par exemple par le suivi de formations spécifiques proposées en ligne. Par ailleurs, je vous invite à lire l'article "confinement et distanciation sociale, les 7 astuces pour réussir ses entretiens à distances" afin d'additionner les diverses recommandations et astuces mises à disposition sur notre blog Jobibou afin d'augmenter vos chances de décrocher un emploi. Bonne chance à tous !

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