Arnaques sur le marché de l'emploi : notre guide pour éviter les pièges !

Par Valentine le 2 mars 2021

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Si internet a facilité beaucoup d’aspects de notre vie, du shopping aux rencontres, en passant par la recherche d’emploi, les arnaques aussi gagnent du terrain… Qu’il s’agisse d’acheter un produit moins cher que sur le marché, de rencontrer une personne surqualifiée aux photos un peu trop retouchées, ou de postuler à une offre d’emploi faisant miroiter un salaire exceptionnel, on peut facilement tomber dans le panneau. Fausses offres d’emploi, phishing (ou hameçonnage), annonces un peu trop belles pour être vraies… Le marché de l’emploi en ligne peut être parsemé d’arnaques et autres annonces frauduleuses, voire illicites ! En attendant que la loi contrôle plus activement ce genre de pratiques, on vous donne nos conseils pour éviter les pièges en ligne.

 

Quelles sont ces offres d’emploi bidons ? 

Malheureusement, il est recommandé d’être de plus en plus attentif aux arnaques sur le web, et c’est aussi vrai dans le cadre d’une recherche d’emploi. En effet, on ne compte plus les exemples de personnes en situation de chômage qui se retrouvent victimes d’annonceurs peu consciencieux, voire carrément mal intentionnés ! On retrouve ces arnaques directement sur le site officiel de Pôle Emploi, plateforme privilégiée de diffusion d’offres d’emploi. Le but de ces fausses annonces s’apparente au phishing (ou hameçonnage, en français). C’est-à-dire qu’elles visent à la récupération de vos données personnelles (data, mots de passe, accès bancaires, etc.). Elles sont donc bien évidemment dangereuses ! 

 

Un contexte économique et sanitaire ad hoc

Dans une période de crise économique et sanitaire telle que nous traversons, avec une explosion du taux de chômage, partiel ou technique, les arnaqueurs tentent de profiter de la situation. Cette tendance est également facilitée par la numérisation du processus de recrutement, d’autant plus actuelle à l’heure de la distanciation sociale. Il est alors beaucoup plus aisé pour les personnes malveillantes de profiter de la détresse professionnelle et de la crédulité de certains demandeurs d’emploi peu vigilants.

Ainsi, les arnaques prennent souvent la forme d’offres alléchantes, auxquelles peu peuvent résister. C'est pourquoi les dépôts de plaintes contre ce type de cyber-attaques augmentent de façon exponentielle ! 

 

Comment reconnaître une arnaque sur les sites de recrutement ? 

Des annonces réalistes…

Pour que le plus de personnes possibles tombent dans le piège, les hackers ont plus d’un tour dans leur sac et mettent en œuvre diverses techniques pour que leurs annonces aient l’air bel et bien réelles. Ainsi, les personnes à l’origine de l’annonce frauduleuse peuvent passer des coups de téléphone, mais à des horaires atypiques (tôt le matin, tard le soir, ou même le week-end). Ils n’hésitent pas non plus à envoyer des e-mails qui ressemblent trait pour trait à des courriers officiels, en recopiant le format du mail, le logo ou même la charte graphique de l’entreprise dont ils tentent d’usurper l’identité. Et ils peuvent aller très loin pour noyer le poisson… Se doutant bien que les personnes ont désormais accès aux moteurs de recherche ou aux réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn, les hackers vont jusqu’à y inclure le véritable nom des chargés de recrutement de l’entreprise, comme le directeur des ressources humaines, par exemple. Dès lors, ils paraissent de plus en plus crédibles et le nombre de victimes augmente.

Attention donc à ce genre de messages, car bien que très réalistes, c’est par ce biais que les annonceurs malveillants demandent leurs données personnelles aux potentielles victimes : compte bancaire, numéro de sécurité sociale, RIB, permis de conduire, etc. Tant de données qu’un employeur pourrait également vous demander à un stade avancé du processus de recrutement ! Pour ce faire, les hackers peuvent vous demander de remplir certains documents : faux contrat, formulaire de candidature, etc. De quoi se perdre en essayant de démêler le faux du vrai… à vous donc de rester très vigilant, car les conséquences de ces arnaques peuvent être dangereuses : usurpation d’identité, extorsion d’argent, vol, etc.

 

… Un peu trop belles pour être vraies

Malgré tous les efforts que mettent en place les faux recruteurs pour que leur annonce ait l’air la plus réaliste possible, ils peuvent être détectables par leur volonté de séduire un plus grand nombre. En effet, pour s’assurer que leur annonce soit vue et que le plus de demandeurs d’emploi y répondent, les hackers font miroiter des propositions de poste un peu trop alléchantes. 

Ainsi, ils s’assurent que l’offre d’emploi fictive réponde tous les critères dont peut rêver un demandeur d’emploi : peu ou pas d’expérience professionnelle demandée, aucun diplôme en particulier exigé, un salaire plus que correct (pouvant aller jusqu’à 40 euros de l’heure !)… De plus, ils s’assurent que tous les avantages que l’on peut rechercher se trouvent dans l’offre d’emploi : titres restaurant, logement ou véhicule de fonction, chèques-vacances, etc.). Il est aussi possible que la possibilité de travailler en remote ou en télétravail soit exprimée dans l’annonce, car de nombreux demandeurs d’emplois sont attirés par ce type d’offres. 

En bref, tout est mis en œuvre pour que cette annonce est l’air PAR-FAITE. Et justement un peu trop. C’est ce qui doit vous mettre la puce à l’oreille. Alors surtout n’hésitez pas à scruter les détails avant de répondre à une offre d’emploi de ce genre. Si les conditions vous semblent un peu trop idéales, il est possible qu’il s’agisse d’une annonce frauduleuse. Pour vous en assurer, vous devrez donc procéder à quelques vérifications supplémentaires…

 

Quels sont les conseils pour s’en prémunir ? 

Face à un phénomène prenant de plus en plus d’ampleur, l’organisme de rattachement des demandeurs d’emploi français, Pôle Emploi, s’est emparé du sujet. Ce dernier a tenu à publier toute une série de conseils pour aider les personnes en situation de chômage à se prémunir de ce type d’arnaques. On décrypte.

 

1. Restez vigilants 

Comme on vient de vous l’expliquer, les fraudeurs se trahissent bien souvent par leurs offres trop attractives, voire complètement incroyables. Faites donc attention aux salaires et avantages proposés : rentrent-ils dans la norme ? À combien pouvez-vous prétendre pour un poste similaire ? N’hésitez pas à consulter d’autres annonces dans le même domaine ou à responsabilité égale pour vous faire une idée ;) Vous pouvez également consulter nos fiches métiers qui vous donneront quelques pistes. Méfiez-vous également des annonces contenant trop de fautes d’orthographe ou de sigles &*%/.#@, cela peut vous mettre la puce à l’oreille.

 

2. Ne transmettez jamais vos données personnelles 

Il est tout à fait possible qu’un recruteur vous demande certaines informations au cours du processus de recrutement : RIB, numéro de sécurité sociale, etc. Ne lui donnez surtout pas avant un premier entretien ! Assurez-vous de l’avoir rencontré avant de communiquer des données personnelles sensibles.

 

3. Ne donnez pas d’argent aux recruteurs ! 

Si ce conseil semble couler de source, il convient toutefois d’y faire très attention. Rusés, les pirates ne sont jamais à court d’excuse pour extorquer de l’argent à leurs victimes : contrat de travail, frais de dossier, suivi d’une formation préalable à l’embauche. Peu importe la raison évoquée, ne versez sous aucun prétexte de l’argent à un potentiel recruteur. Ce peu importe la forme du versement demandé : chèque, achat de cartes ou coupons prépayés, virement national ou international, etc.

 

4. N’acceptez aucune rétribution du recruteur et n’encaissez aucun chèque qui n’est pas au nom de l’entreprise

Pour appâter leurs victimes, les faux recruteurs vont jusqu’à proposer de l’argent ou une rétribution aux demandeurs d’emploi. Moins vigilants, ces derniers se laisseront happer plus facilement. Alors n’acceptez aucune rétribution du potentiel employeur tant que vous n’avez tous les deux signé votre contrat de travail. De même, si l’on vous demande d’encaisser un chèque ou un virement bancaire pour effectuer des achats nécessaires à la prise de poste : refusez systématiquement !

De plus, vérifiez bien l’émetteur des chèques que vous recevez. Même si le montant d’un chèque apparaît crédité sur votre compte, il se peut qu’il s’agisse d’un chèque volé. Le cas échéant la banque a plusieurs semaines pour valider ou annuler l’opération. S’il s’agit d’un chèque ayant fait l’objet d’une opposition, elle pourra tout à fait vous débiter du même montant.

 

5. Vérifiez l’existence juridique de l’entreprise 

Si vous avez un doute et que vous avez noté certaines incohérences dans une offre d’emploi, assurez-vous de l’existence juridique de l’entreprise. Pour cela, utilisez les moteurs de recherche afin de vérifier le numéro de SIRET ou SIREN de l’entreprise à l’origine de l’annonce.

 

6. Scrutez l’attitude du recruteur

Une fois en contact avec un potentiel employeur, de nombreux éléments peuvent vous mettre la puce à l’oreille sur la véracité d’une offre d’emploi. Par exemple, redoublez de vigilance lorsqu’un recruteur vous contacte à un horaire inhabituel (tôt le matin, tard le soir ou le week-end). De même, méfiez-vous si ce dernier prétend ne pas pouvoir vous rencontrer sous prétexte qu’il serait à l’étranger. 

N’hésitez pas également à scruter ses propos : fautes de langage fréquentes, évocation d’un emploi différent que l’offre à laquelle vous avez répondu au moment de l’entretien.

Si vous doutez de l’honnêteté du recruteur, coupez immédiatement le contact.

 

7. Lisez scrupuleusement tous les documents qui vous sont communiqué

Avant d’apposer une quelconque signature, assurez-vous de bien avoir lu les contrats ou autres documents. Soyez conscient de la portée de votre engagement avant chaque signature !

 

Les réflexes à adopter en cas d’arnaque ? 

Si malgré tous vos efforts et vos constantes vérifications vous êtes victime d’une arnaque à l’emploi, il existe une marche à suivre. La voici : 

  • Interrompez tout contact avec le recruteur malveillant (même si ce dernier se montre insistant, voire menaçant)
  • Informez l’organisme de rattachement des données que vous auriez transmises (banque, pôle emploi, sécurité sociale, etc.)
  • Tenez informée votre banque systématiquement et surveillez régulièrement les activités de votre compte
  • Conservez toutes les preuves à votre disposition : annonce, emails, numéros de téléphone ou toute information pouvant être utile
  • S’il s’agit d’une usurpation, informez l’entreprise concernée. Vous devez également informer la plateforme sur laquelle a été publiée la fausse annonce
  • Signalez les faits à la plateforme de signalement PHAROS du ministère de l’Intérieur
  • Déposez une plainte rapidement et/ou faites vous conseiller dans vos démarches en contactant la plateforme Info Escroqueries du ministère de l’Intérieur au 0 805 805 817 (appel et service gratuits, service est ouvert de 9h à 18h30 du lundi au vendredi).
 
 
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