Candidat surqualifié : nos conseils pour trouver un job !

Par Audrey le 31 mars 2020

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La première fois que vous avez postulé à un poste pour lequel vous étiez surqualifié(e), vous vous attendiez à plus d’enthousiasme. En toute logique, avec votre CV impressionnant, le recruteur aurait dû être ravi de vous embaucher ! Hélas, c’est l’inverse qui s’est produit. Depuis, la situation ne s’est pas arrangée : même lorsque le processus de recrutement est bien entamé, on finit toujours par vous répondre que vous êtes « trop qualifié(e) pour le poste ». Ou encore que « vous allez vous ennuyer »… A croire que votre expérience professionnelle et que vos compétences chèrement acquises vous desservent plus qu’autre chose ! Mais gardez courage : la surqualification n’est pas un obstacle infranchissable. De votre CV jusqu’à l’entretien d’embauche, suivez nos conseils pour retourner la situation à votre avantage !

Pourquoi un candidat surqualifié effraie-t-il les recruteurs ?

Première chose à faire pour enfin trouver un job : comprendre ce qui passe dans la tête des recruteurs pour mieux anticiper leurs craintes. Car oui, la plupart des recruteurs voient les profils surqualifiés comme un véritable risque.

Les candidats surqualifiés sont effrayants pour les recruteurs

Cela peut vous sembler curieux à première vue. Avec vos diplômes élevés et/ou vos nombreuses années d’expérience à des postes importants, vous devriez plutôt être vu(e) comme une « chance pour l’entreprise » (ce que vous êtes sans doute d’ailleurs). Pour vous, il ne fait aucun doute que vous réaliserez parfaitement les missions demandées. Après tout, comme dit le vieil adage « qui peut le plus peut le moins » !

Sur ce point, les recruteurs ne vous contrediront pas mais ils doivent prendre d’autres critères en compte avant d’arrêter leur choix...

Quelles sont vos motivations ?

Confrontés à votre curriculum impressionnant, les recruteurs se demandent tout d’abord pourquoi vous postulez chez eux :

  • avez-vous échoué à votre précédent poste ?

  • avez-vous besoin d’un emploi très rapidement, au point d’accepter n’importe quel poste dans l’immédiat ? Ce qui sous-entend que vous allez probablement quitter l’entreprise dès que vous trouverez une offre plus en phase avec vos qualifications…

Le délicat problème de la rémunération

La question du salaire se pose également très rapidement : l’entreprise a-t-elle seulement les moyens de s’offrir vos services ? N’allez-vous pas vous montrer trop « gourmand(e) » lors des négociations ? Ou essayez d’obtenir une augmentation trop rapidement ? N’oubliez pas que l’annonce d’emploi était destinée à un profil « Junior » et/ou moins diplômé. La rémunération prévue n’avait rien à voir avec votre niveau de qualification... Dans ce genre de situation, beaucoup de petites entreprises n’essaient même pas de négocier. Elles partent du principe (à tort ou à raison) qu’elles n’ont aucune chance d’embaucher un talent comme vous et rejettent votre candidature, sans plus d'explications. C’est un motif de refus "caché" très courant !

Comment allez-vous vous intégrer dans l’entreprise ?

Autres questions soulevées par votre surqualification :

  • ne risquez-vous pas de vous ennuyer très vite ? Au point de démissionner à la première occasion ?

  • comment l’équipe va-t-elle vous accueillir ? Votre profil ne risque-t-il pas de provoquer la jalousie de vos collaborateurs moins qualifiés ? 

  • votre manager parviendra-t-il à bien travailler avec vous ? S’il est nettement plus jeune que vous par exemple, il peut craindre que vous lui preniez rapidement son poste. Les recruteurs peuvent aussi se demander s’il a les compétences nécessaires pour manager efficacement un collaborateur plus âgé et plus expérimenté...

En définitive, quel est le risque pour l’entreprise ?

Toutes les questions que se posent les recruteurs à votre sujet prennent leur source dans la peur de faire une erreur de casting. Retenez que cette dernière peut être très préjudiciable pour l’entreprise. En effet, un processus de recrutement demande beaucoup de temps, d’efforts et d’argent. C’est un véritable investissement qui pourrait bien être effectué en pure perte si vous quittiez l’entreprise peu de temps après votre embauche. Sans parler des « pertes annexes » liées à votre départ (ex. : désorganisation de votre équipe, retard dans les projets).

Bien entendu le coût réel d’un « recrutement raté » varie beaucoup d’un cas à l’autre. A titre informatif, selon le webzine HR Voice, il oscille en moyenne entre 45 000 et 100 000 €. Vous comprenez donc pourquoi les recruteurs hésitent autant !

Candidat surqualifié : simulation d'un coût d'un recrutement raté pour un chef de projet

Source : HR Voice

Comment réussir votre CV si vous êtes surqualifié(e) ?

A force de vous entendre dire que vous êtes trop compétent(e), vous êtes tenté(e) de modifier la réalité ? Votre réaction est tout à fait compréhensible. Cependant, nous vous encourageons toujours à être honnête sur votre CV. Mentir risque de vous porter préjudice si les recruteurs s’en aperçoivent. Chose qui arrive le plus souvent, étant entendu qu’ils font des vérifications assez poussées avant de vous embaucher.

L’idée n’est donc pas d’altérer la vérité pour vous faire paraître moins qualifié(e) que vous ne l’êtes réellement. Mais plutôt de bien mettre en valeur vos compétences et vos expériences liées au poste que vous visez. Pour cela, n’hésitez pas à troquer le classique CV chronologique contre un CV fonctionnel.

 

Candidat surqualifié : préférez un CV fonctionnel

Exemples de CV fonctionnels trouvés sur creeruncv.com

Pour rappel, ce dernier vise à démontrer que vous avez toutes les aptitudes nécessaires pour obtenir le job. Tout comme le CV chronologique, il comprend généralement les rubriques :

  • Objectifs ;

  • Formations ;

  • Expériences Professionnelles ;

  • Compétences.

Mais au lieu de reprendre point par point votre parcours, vous pouvez vous concentrer sur les expériences professionnelles et les formations que vous estimez les plus pertinentes. Pour le créer facilement, n’hésitez pas à vous aider des modèles de CV fonctionnels disponibles gratuitement sur internet.

Conseil bonus : n’oubliez pas de parler de vos compétences douces (« soft skills ») comme votre capacité à gérer votre stress, votre aisance à l’oral ou votre esprit d'équipe. Les recruteurs y accordent de plus en plus d’importance de nos jours. De même, vous avez aussi intérêt à mettre en valeur vos mad skills (littéralement « compétences folles ») comme votre goût pour le parachutisme par exemple.

Candidat surqualifié : pensez à parler de vos mad skills

Soignez votre lettre de motivation 

On ne le dira jamais assez : la lettre de motivation est très importante pour décrocher un entretien d’embauche. Cela vaut dans toutes les situations mais c’est encore plus vrai lorsque vous êtes surqualifié(e) ! En effet, vous pouvez déjà apaiser plusieurs craintes du recruteur grâce à ce document. Objectif prioritaire : lui faire comprendre que vous ne postulez pas « par dépit » en attendant de trouver mieux mais parce que vous avez réellement envie de ce job.

« Pour convaincre le recruteur, il faut faire passer l’idée que ce poste « inférieur » correspond surtout à un souhait d’évolution. Par exemple, après avoir occupé plusieurs postes, rien ne vous interdit de vouloir vous spécialiser dans une fonction où vous vous êtes déjà distingué et épanoui. Ce qui ne vous empêche pas, si vous avez déjà occupé des fonctions d’encadrement, de valoriser les qualités de communication et l’autonomie que vous avez acquises » recommande Philippe Hemmerlé, directeur du cabinet CV First, dans une interview pour Cadremploi.

En pratique, nous vous encourageons surtout à expliquer sincèrement vos motivations. En fonction de votre situation, vous pouvez notamment indiquer que :

  • vous avez profondément envie de rejoindre cette entreprise parce que vous appréciez son sens de l’innovation ou son engagement écologique par exemple ;

  • le poste correspond à votre désir de vous spécialiser ou de vous reconvertir dans la communication digitale, le web marketing ou encore l’e-commerce.

Pensez aussi à mettre en avant votre « valeur ajoutée ». Avec vos qualifications, vous avez certainement des atouts que les autres candidats n’ont pas. Prenez le temps de les identifier pour démontrer ce que vous pouvez apporter de plus à l’entreprise. Si vous obtenez le job, vous serez tout de suite opérationnel par exemple parce que vous avez déjà toutes les compétences pour l’exercer. Autre exemple : grâce à vos expériences dans le management, vous pourrez motiver vos futurs collaborateurs et les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes, etc. 

Candidat surqualifié : comment réussir votre entretien d’embauche

Première chose à faire : préparer soigneusement vos arguments. Même si votre lettre de motivation a déjà fait bonne impression, votre interlocuteur aura probablement encore des doutes à votre sujet. Anticipez donc ses questions pour lui prouver que vous n’êtes pas un risque mais au contraire une excellente opportunité pour l’entreprise.

En pratique, le recruteur va certainement chercher à déterminer si le poste vous intéresse réellement ou si vous êtes susceptible de l’abandonner très rapidement. Pour cela, il peut par exemple vous poser des questions pour :

  • tester votre connaissance de l’entreprise. D’où l’intérêt de bien vous renseigner avant de passer votre entretien. Pensez par exemple à consulter son site institutionnel pour identifier ses valeurs et ses principales réussites, à rechercher ses principaux concurrents, etc. ;

  • évaluer votre motivation concernant les missions du poste. Pour lui prouver votre intérêt le mieux est encore de vous interroger sincèrement sur ce qu’elles pourront vous apporter. Est-ce qu’elles vous donneront l’opportunité de développer de nouvelles compétences ? De vous consacrer à 100% à votre domaine de prédilection ?

Si vous êtes resté(e) longtemps au sein d’une même entreprise, parlez-en aussi durant l’entretien pour mettre en valeur votre fidélité.

Le jour J, vous pouvez également vous attendre à un « piège » pour évaluer vos prétentions salariales. Dans votre situation, la règle d’or est de jamais manifester un intérêt trop vif pour le salaire ou les promotions éventuelles. Ainsi, n’abordez pas le sujet avant que le recruteur ne le fasse : parfois, c’est en gardant volontairement le silence sur ce point qu’il vous tend un piège. Dans d’autre cas, il vous demandera directement quel salaire vous espérez toucher. Pour bien répondre à cette question, ne prenez pas votre niveau de qualification en compte. Proposez plutôt une fourchette salariale raisonnable pour le poste proposé : vous trouverez facilement les salaires moyens sur le net, notamment sur les fiches métiers.

Pour aller plus loin : bien entendu, vous devez aussi respecter les bonnes pratiques communes à tous les entretiens d’embauche (ex. : bien choisir votre tenue, adopter la bonne posture). Pour vous rafraîchir la mémoire, (re)lisez nos conseils !

Un refus ? Rebondissez !

Normalement, en suivant bien nos recommandations, vous mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir le poste que vous convoitez. Cependant, il existe toujours un risque de refus. Dans ce genre de situation, ne baissez surtout pas les bras 

La plupart du temps, le recruteur vous dira simplement que vous être surqualifié(e) pour le poste, sans vous donner de plus amples explications. Essayez alors d’en savoir plus en l’interrogeant directement. A plus forte raison si la question du salaire n’avait encore jamais été évoquée ! Dans ce cas, n’hésitez pas à demander clairement si le problème vient de là. Comme dit plus haut, ce motif de refus est vraiment très courant et beaucoup de petites entreprises préfèrent éviter totalement le sujet : c’est embarrassant pour elles d’admettre qu’elles n’ont pas les moyens de vous engager (et de vous retenir).

Bref : si voulez vraiment ce poste, tentez votre chance. Expliquez que vous êtes prêt(e) à accepter un salaire plus bas que celui auquel vous étiez habitué(e) pour avoir la chance d’exercer un métier qui vous passionne réellement. Le refus pourrait bien alors se transformer en « oui »…

Si jamais le problème était ailleurs, vous découvrirez au moins les motivations du recruteur. Vous pourrez ainsi optimiser votre prochaine candidature : gageons qu’elle recevra un meilleur accueil !

 

Sources : 

  • https://www.cadremploi.fr/editorial/conseils/conseils-candidature/detail/article/surqualifie-comment-postuler-quand-meme.html

  • https://www.hr-voice.com/recrutement/recrutement-rate-quel-est-le-cout-pour-lentreprise/2019/02/11/

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