En quête de sens dans votre job ? Pensez aux entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire.

Par Julie le 25 avril 2019

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photo de couverture : https://unsplash.com/photos/TamMbr4okv4 

La quête de sens. Un Graal auquel beaucoup d’entre nous rêvent d’accéder. Exit le CDI ou le poste à responsabilités, aujourd’hui, on cherche avant tout à remettre du sens dans notre travail ! Pas étonnant, donc, si on entend de plus en plus parler des entreprises du secteur de l’ESS. Autrement dit, l’Économie Sociale et Solidaire. Elle traduit l’idée d’un travail plus respectueux de l’environnement, d’un management plus humain et d’actions ayant un impact sociétal fort. Autrement dit le secteur rêvé pour tous ceux qui souhaitent donner plus de sens à leur activité professionnelle.

Mais ’ESS est-elle aussi idyllique qu’elle le prétend ? Et comment mettre un pied dans cette nouvelle économie qui attire de plus en plus de candidats mais dont les acteurs ne sont finalement pas si nombreux ? Tour d’horizon de ce secteur qui a tout d’un eldorado tous ceux en quête de sens.

La quête de sens toujours plus importante.

Alors que 9 français sur 10 aimeraient changer de travail, 55% d’entre eux souhaitent le faire pour une seule raison : la quête de sens.
Les ouvrages sur la quête de sens dans le travail pleuvent et cette question s’adressent aujourd’hui à tous.

 

En quête de sens dans votre job ? Pensez aux entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire.
Source : Statista 

On ne compte plus les étudiants, les entrepreneurs ou les salariés souhaitant replacer leurs valeurs au centre de leurs préoccupations. Certains vont même plus loin en considérant que le travail ne doit plus être un simple labeur mais avoir un rôle sociétal. L’enjeu est simple : être utile ! Que ce soit pour les autres, pour une cause ou pour la planète.
Mais pourquoi vouloir mettre autant de sens dans notre vie ? Et surtout dans notre travail. Pour beaucoup, le travail conditionne notre statut social. En témoigne cette question récurrente : “et toi, tu fais quoi dans la vie” ? Une question somme toute banale qui signifie pourtant qu’aujourd’hui, on se définit avant tout par son activité professionnelle et qu’elle fait partie intégrante de notre identité. Comment ne pas avoir envie, dans ce contexte, d’y mettre du sens ?  

D’après une enquête réalisée par le Cairn, les français ont la particularité d’avoir un rapport très particulier avec leur travail : entre l’amour et la haine. En effet, ce sont les français qui, parmis tous les pays d’Europe, déclarent le plus souffrir au travail. Paradoxalement, pour 70% des français, le travail occupe une place “très importante” dans leur vie.


Un secteur qui attire de plus en plus.

Remettre l’Homme au coeur de l’entreprise, telle est la promesse des entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire.
Celle-ci regroupe un ensemble d’entreprises cherchant avant tout à concilier activité économique et utilité sociale. Elles sont organisées sous forme de coopératives, de mutuelles, d’associations ou de fondations dont le fonctionnement interne et les activités sont fondées sur un principe de solidarité et d’utilité sociale.

 

En quête de sens dans votre job ? Pensez aux entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire.
Source : BPIfrance

Ces entreprises adoptent également un mode de gestion démocratique et participatif qui redonnent du pouvoir aux salariés. Pour les entreprises de l’ESS, l’utilisation des bénéfices est strictement encadrée, le profit individuel est proscrit et les résultats doivent être réinvestis. Les entreprises du secteur bénéficient aussi d'un cadre juridique renforcé par la loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire.

L’ESS est aujourd’hui un secteur porteur qui emploie 2,4 millions de salariés en France, soit 12,8% de l'emploi privé, selon le bilan de l'emploi dans l'économie sociale en 2016, publié par Recherches et solidarités en juin 2017. Les effectifs les plus importants évoluant dans le milieu associatif (77%).

 

En quête de sens dans votre job ? Pensez aux entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire.
Source : ess-expertise.fr

 La réalité de l’Économie Sociale et Solidaire.

Si, sur le papier, le secteur de l’ESS peut faire rêver, ses salariés font tout de même face à une réalité parfois un peu différente de celle à laquelle on pourrait s’attendre.

En effet, le secteur de l’ESS est, lui aussi, truffé de petits pièges à éviter. Car oui, l’impression d’avoir trouvé le Graal à travers une activité professionnelle remplie de sens peut nous pousser accepter des conditions de travail qui pourraient aller à l’encontre de nos valeurs.

Les salaires font partie de l’un des aspects que l’on peut qualifier de “compliqué” dans le secteur de l’ESS. En effet, difficile d’espérer y gagner autant que dans le privé. En effet, selon une étude sur l’emploi des jeunes réalisée par la Chambre française de l’ESS, le salaire moyen perçu par les moins de 30 ans dans l’ESS est de 1 805 € brut mensuel (contre 1 983 € dans le privé et 1 858 € dans le public). Si le premier salaire est souvent équivalent, les écarts se creusent par la suite, pour la tranche d’âge des 25-29 ans. Là, les salaires dans le privé dépassent largement ceux de l’ESS et du secteur public.
Ces salaires plus faibles sont généralement liés à des contrats plus précaires. Certains métiers de l’ESS, notamment dans l’animation et l’éducation, connaissent un taux de turn over élevé. Aussi, de façon plus générale, les salariés de moins de 30 ans occupent moins de contrats en CDI dans l’ESS que dans le secteur privé. De plus, ils sont aussi, tous secteurs confondus, surreprésentés dans les contrats considérés comme plus « précaires » (CDD et autres contrats). Car si l’ESS vise à répartir les richesses plus équitablement, il faut bien avoir en tête que cela implique des salaires plus bas.

Et si le secteur de l’ESS n’est pas le plus rémunérateur, il n’en demande pas moins beaucoup d’implication. En effet, vous devez vous attendre à devoir vous impliquer plus fortement sur ce secteur que sur un autre. Pourquoi ? Parce que la plupart des salariés y travaillant considèrent souvent leur travail comme une “passion” répondant à leurs valeurs profondes et cela les poussent justement à une implication beaucoup plus forte. Il est donc parfois difficile de fixer des limites, notamment en termes d’horaires de travail.

L’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle en est d’autant plus difficile à trouver. En effet, les salariés du secteur de l’ESS ont bien souvent des engagements extra professionnels de bénévoles, qui restent très proches de leur emploi. Les deux ont donc tendance à se mêler au risque de ne pas laisser un espace suffisant pour respirer.

Enfin, les entreprises de l’ESS sont souvent de petites structures avec un cadre plus ou moins défini et une organisation qui peut être bancale.
De même, on peut aussi s’y perdre facilement dans la mesure où l’ESS regroupe beaucoup de secteurs d’activités, parfois très différents. L’ESS représente ainsi 11% des emplois dans la santé, 26% de ceux des arts et du spectacle, 57% de ceux du sport et des loisirs et 60% des emplois de l’action sociale. De la même manière, il existe des différences de taille entre les associations, les fondations, les coopératives et les mutuelles.  

Enfin, certains salariés de l’ESS regrettent le fait que leur quotidien soit parfois éloigné de l’univers social et solidaire. En effet, même dans une association, une coopérative ou une société commerciale, il y a des tâches “classiques” à réaliser comme établir un budget, contrôler les dépenses ou encore gérer des personnes. Il faut donc éviter de penser qu’en choisissant l’ESS, on ne se libère pas forcément des contraintes de l’économie classique.

Tous ces éléments, salaires, horaires, contrats précaires et turn-over important sont important à prendre en considération. Posez-vous la question de savoir s’il peuvent être compensé par un travail avec du sens.

Les compétences les plus recherchées dans l’univers de l’ESS.

En termes de soft skills, les plus courantes sont attendues pour travailler dans l’ESS : empathie, gestion du stress, capacités à manager… Mais l’une d’entre devra être d’autant plus forte chez vous si vous voulez tirer votre épingle du jeu. Celles de l’adaptabilité… et de la polyvalence. Ce secteur requiert en effet une forme de multi-compétence où l’on va vous demander de savoir conquérir de nouvelles cibles, rechercher des partenaires et des financements mais aussi  d’animer les réseaux sociaux. Or, cette polyvalence peut parfois être déroutante pour ceux qui auraient toujours eu l’habitude de travailler avec une fiche de poste précise.

Comme dans tous les secteurs aujourd’hui, les compétences digitales sont (aussi) très recherchées dans le secteur de l’ESS.
Les entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire ont elles aussi besoin de profils comme les Growth Hacker, les Community Manager ou des personnes capables de gérer une campagne de marketing digital et de l’analyser.

Ainsi, obtenir une certification de ses compétences peut être clé pour se différencier des autres candidats, surtout dans ce secteur où l’on cherchera des “couteaux-suisses” capables de toucher à tous les domaines.

Aussi, si avoir une appétence pour le social est indispensable, il n’en reste pas moins que ce qui compte au final, ce sont les compétences. Vous devez donc montrer quelles compétences clés et quelles valeurs vous pouvez apporter. Pour cela, ne négligez pas les formations qui vous permettront d’acquérir de nouvelles compétences comme la gestion de projets ou les réseaux sociaux.  

Les événements à ne pas rater.

L’ESS a aujourd’hui le vent en poupe et nombreux sont les ouvrages, événements et articles qui s’y intéressent.
Mais le meilleur moyen d’y mettre un pied reste avant tout d’aller à la rencontre des gens qui la font : professionnels ou bénévoles du secteur.
Pour cela, il existe par exemple le mois de l’ESS qui a lieu tous les ans au mois de Novembre. Il regroupe des conférences, des spectacles et des rencontres à travers la France.

Vous pouvez également allez voir ce qu’il se passe du côté du labo de l’ESS, un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

 

Vous l’aurez compris, si pour vous, mettre du sens dans votre travail est important, l’ESS peut être faite pour vous. Mais avant d’y sauter à pieds joints, gardez bien en tête que “plus de sens” ne rime pas forcément avec “univers parfait”. En effet, si vous aurez l’impression d’être utile, vous devrez aussi revoir vos prétentions salariales à la baisse et ne pas ménager votre implication.
Enfin, ce secteur vous demandera d’être multitâche et de prouver que vos compétences apporteront de la valeur à l’association, la fondation ou la coopérative que vous visez. Pour cela, la formation pourra être votre alliée et vous permettre de les développer encore et toujours.

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