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Pendant longtemps les profils atypiques ont été boudés par les recruteurs. Ils étaient considérés comme des recrutements risqués, avec des collaborateurs compliqués à manager et difficiles à intégrer. Pourtant, les salariés atypiques, également appelés hypersensibles, peuvent être des atouts considérables dans une équipe. Les recruteurs commencent d’ailleurs à s’y intéresser, cherchant à comprendre comment révéler au mieux tout leur potentiel et leur permettre de s’épanouir pleinement.

Alors, que vous soyez managers et recruteurs, voici quelques conseils pour passer le cap et faire enfin confiance aux travailleurs sensibles, car oui, vous en avez besoin !

La tendance est aux softs skills

Parmi les grandes tendances du travail pour 2019 révélées par MALT en ce début d’année, l’une d’elle s’intéresse justement aux travailleurs sensibles et promet que les personnes dotées d’une intelligence émotionnelle développée devraient être de plus en plus valorisées dans les recrutements.
Depuis un moment, on entend parler de soft skills et de hard skills, de transformations digitale, de l’influence de l’Intelligence Artificielle sur le marché du travail mais aussi de la pénurie des talents. Or, tous ces changements font que les profils atypiques et hypersensibles vont avoir une place à prendre.

Selon les prédictions de Malt, il semblerait que l’empathie et la sensibilité se placent en première position des qualités les plus attendues par les recruteurs dans l’année à venir. Pourtant, bon nombre de français considèrent l’Intelligence Artificielle comme une menace pour l’emploi. Comme le montre cette étude de Statista, ils sont 74% à le penser.

Source image : Statista 

En effet, que nous reste-t-il face à la peur que les robots nous remplacent ? L’humain, sans aucun doute ! Et c’est justement là que les profils dotés d’une certaine sensibilité feront la différence. Pour eux, pas besoin d’être un expert (ils en sont d’ailleurs souvent incapables), simplement d’être eux-mêmes et de laisser faire leur personnalité.

La pénurie de talents est également une tendance relevée par Malt qui va changer la donne du recrutement et privilégier les profils atypiques. En effet, selon une étude ManPower de 2018, la pénurie de talents pousserait 1 recruteur sur 3 à embaucher des profils atypiques pour pourvoir des postes vacants. L’avantage ? Les atypiques sont souvent des multi-potentiels capables de mener plusieurs projets de front.


Source : ManPower Group

Bien entendu, améliorer ses compétences techniques reste indispensable. Que ce soit à travers des MOOC, des formations en ligne ou à distance ou encore des certifications, les hards skills nécessitent d’être dans un apprentissage permanent et même si elles ne seront pas forcément privilégiées par les recruteurs, elles continuent d’être regardées et peuvent faire la différence sur votre CV.

Les secteurs les plus demandeurs de profils atypiques.

Les secteurs du Marketing et de la Communication, du digital, de l’industrie, sont principalement touchés par la transformation digitale. Dans ces secteurs-là en particulier, on va chercher des profils capables de s’adapter très vite à tous types de situations, de trouver des solutions à des problèmes complexes, d’avoir une pensée critique et de pouvoir prendre des décisions opportunes rapidement.

Les profils atypiques semblent donc parfaits pour répondre aux besoins de ces secteurs. Mais la question reste entière sur les envies de ces derniers et leurs capacités à rejoindre n’importe quelle structure.
Il semblerait que les travailleurs puissent se retrouver dans tous les secteurs confondus, ou presque. En effet, ils s’épanouissent particulièrement dans ceux qui prônent des valeurs humanistes. C’est ce que nous explique Judith Orloff, psychiatre américaine qui s’est penchée sur la question des hypersensibles dans le monde du travail avec son livre Le guide de survie des hypersensibles empathiques.

Dans son ouvrage, elle souligne ainsi que :

"Les hypersensibles excellent lorsqu’ils utilisent leur intuition et leur compassion pour contribuer au bien-être des autres"

Ainsi, le coaching et la formation sont des secteurs qui leur correspondent généralement bien car ils leur permettront d’être à l’écoute et de sentir utiles. En revanche, les métiers de commerciaux ne sont pas idéaux car la pression y est forte. Pour leur épanouissement, les petites entreprises sont à privilégier car beaucoup ne se retrouvent pas dans les grosses institutions où les process et la hiérarchie sont trop présentes.

Pour la coach Charlotte Wils, « les hypersensibles empathiques peuvent travailler dans tous les secteurs, même dans la finance, la banque ou les assurances, à partir du moment où ils en ont envie. Mais ils doivent quand même éviter les secteurs trop bruyants ou stressants »

Les entreprises semblent de plus en plus ouvertes aux personnalités créatives, disruptives dans leurs équipes. Les hypersensibles répondent à ce besoin car elles ont une pensée intuitive en arborescence. Pourtant beaucoup de ces atypiques sont au chômage.

Ce petit truc en plus

S’ils peuvent faire fuir les recruteurs à bien des égards, les hypersensibles ont pourtant ce “petit truc en plus” qui peut apporter beaucoup.
S’ils sont bien intégrés, ces salariés peuvent même devenir LE point fort d’une équipe. En effet, leur capacité à ressentir les choses plus intensément que les autres, d’aller au bout des problèmes et de suivre leur instinct en font de bons leaders.

Aussi, grâce à leur empathie et à leur capacité d’écoute, ils sont des moteurs pour développer la vie de l’équipe, veiller à ce que tout le monde se sente bien et apporter de l’échange et de la discussion tant sur des sujets personnels que professionnels.
Au niveau du travail, leur souci du détail et leur côté très consciencieux représentent un atout de taille.

Selon certains professionnels du recrutement, les profils atypiques ont souvent bien plus de compétences que celles attendues par la fiche de poste.

Aussi, leur hypersensibilité ne signifie pas qu’ils sont peureux ou introvertis. Au contraire, ils sont souvent très sociables et très à l’écoute de leur collègues ce qui fait souvent d’eux d’excellents managers. Ils sont en effet capables d’apporter communication, créativité, authenticité et positive attitude ! Enfin, leur empathie leur permet de se mettre facilement à la place de leur interlocuteur et de comprendre son point de vue. Or, c’est un atout puissant pour aller à l’encontre des stéréotypes sans jugement.


Source image : trymeup

Recruter et manager des profils hypersensibles

Si vous êtes maintenant convaincu qu’un profil atypique serait idéal pour rejoindre votre équipe ou que vous avez déjà identifié un atypique parmi vos collaborateurs, sachez que certaines précautions sont à prendre pour les attirer et surtout…ne pas les faire fuir à cause de méthodes de management qui ne leur correspondent pas.

Pour cela, il faut bien comprendre comment fonctionnent les atypiques hypersensibles, notamment sur le plan émotionnel. Dans un monde où tout s'accélère, l'hyper-empathie est souvent perçue comme une fragilité, un défaut plus qu’une qualité. Pourtant, il est possible de le transformer en facteur d'épanouissement pour le salarié et en force vive pour l’employeur.

Les travailleurs sensibles sont particulièrement touchés par la pression et la critique, ce qui rend leur vie en entreprise difficile. D’ailleurs, pour être à 100% dans leur job, ils doivent absolument y trouver un sens. Sinon ils peuvent facilement finir en burn-out ou en bore-out.

Mais des solutions existent pour leur faciliter la vie : 

  • Avoir les mêmes valeurs
    Pour se sentir bien dans leur travail, les atypiques ont besoin de se reconnaître dans les valeurs de l’entreprise. Et si cela n’est pas toujours évident dans la réalité d’une recherche d’emploi, sachez qu’ils ont aussi tendance à fonctionner au feeling dans le choix d’un job. Ainsi, le fait que le courant passe bien lors d’un entretien d’embauche pourra être déterminant dans leur décision d’accepter un poste.
    La coach Charlotte Wils, sur son blog les hypersensibles conseille d’ailleurs de « choisir une entreprise en fonction de son dirigeant qui va donner la couleur de la société ».
     
  • Mettre en place un environnement de travail bienveillant
    C’est une règle d’or pour permettre à un atypique de se sentir à l’aise dans son environnement de travail. En effet, s’ils ont parfois du mal à trouver leur place, c’est parce que le monde du travail peut s’avérer brutal. Or, s’ils se sentent comme dans un panier de crabes, les hypersensibles vont avoir tendance à se refermer sur eux-mêmes et il n’y aura alors, plus rien à en tirer. En effet, les jeux de pouvoir et les conflits sont durs à accepter pour eux car ils sont extrêmement touchés par ce qui les entoure et soucieux des problèmes des autres. Les critiques peuvent alors les affecter profondément et faire ressortir leur émotivité.
     
  • Les ménager
    L’une des forces d’un collaborateur sensible peut rapidement devenir une faiblesse si on n’y fait pas attention. S’ils aiment plaire à tout le monde et sont capables de donner énormément d’attention aux autres, ils peuvent facilement être victimes de “vampires énergétiques” qui vont se nourrir de leur empathie jusqu’à les vider. Attention à ce qu’ils ne deviennent pas le bureau des plaintes de l’équipe au point de ne plus pouvoir porter toute cette charge émotionnelle.
    Aussi, les atypiques sont souvent des personnes qui travaillent beaucoup et qui ont une forte résistance à la tâche. Ils peuvent rapidement tomber dans une surcharge et en tant que manager, vous devrez parfois leur apprendre à ralentir le rythme afin de les aider à trouver l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.
     
  • Les laisser s’exprimer
    En tant que manager, vous devez accorder aux hypersensibles une écoute toute particulière. Ils ont en effet un fort besoin de considération. Vous devrez donc les faire parler souvent pour obtenir leur ressenti et leur montrer que vous vous souciez d’eux. Remerciez-les régulièrement pour le travail accompli et encouragez-les dans les projets à venir à travers des points réguliers pour les faire verbaliser.  
     
  • Respecter leur hypersensibilité sensorielle
    Selon Judith Orloff, elle-même hypersensible, ils représentent 20 % de la population mondiale. Ceux que l’on regroupe sous le terme d’hypersensibles ont pour caractéristique principale une hyperstimulation des 5 sens sans aucun filtre pour éviter la surcharge sensorielle. 
    Ainsi leur environnement de travail est très important pour eux : l’aménagement des bureaux jouera donc un rôle dans leur bien-être au travail. Couleurs, lumière, décoration ou bruit auront un impact direct sur eux et sur leur ultra-sensorialité. De même qu’un manque d’espace ou une proximité trop forte avec ses collègues pourrait le gêner.
    S’il est identifié dès l’entretien, n’hésitez pas à proposer au candidat une visite des bureaux pour lui donner une idée de l’endroit où il va devoir passer le plus clair de son temps. Si l’open space peut lui paraître hostile, il existe des méthodes de PNL ou de méditation pour les aider à y survivre.

Si les profils atypiques ont souvent des parcours qui peuvent paraître chaotiques, ce sont surtout de grands challengers dont la motivation est sans faille. Ils n’hésiteront pas à s’investir dans une entreprise si le manager les inspire et que le projet les motive réellement, même si cela leur fait prendre des risques. Et si recruter un profil atypique peut-être un risque pour vous aussi, vous ne regretterez pas de passer ce cap.

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