Télétravail : quels impacts sur notre quotidien ?

Par Julie le 20 février 2019

Adaptabilite Tendances Bonnes pratiques Contrat de travail
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Le télétravail est depuis quelque temps un mot que l’on entend beaucoup, dans les médias ou dans les couloirs des entreprises. Il consiste, pour le salarié, à travailler pour son employeur sans être physiquement présent à son bureau.

Si certains salariés considèrent encore que cette initiative est encore trop peu proposée au sein de leur entreprise (78% estiment que ce mode d’organisation n’est pas assez encouragé dans leur entreprise), près d’un quart des salariés français pratiquent déjà cette nouvelle forme de travail. Le télétravail connaîtrait même une forte augmentation, surtout dans les domaines du digital et des nouvelles technologies.

Mais alors, simple tendance ou véritable phénomène ? Le télétravail va-t-il finir par s’imposer dans toutes les entreprises ou ne rester qu’illusion ? Qu’est-ce que le télétravail apporte concrètement à tous ceux qui l’ont déjà adopté, pour les salariés et pour les entreprises ?


Télétravail : un cadre est indispensable.

Pendant longtemps, le télétravail tenait plus de l’arrangement entre un salarié et son employeur, souvent pour faire face à un imprévu tel qu’un enfant malade ou un problème de chauffe-eau.

En 2012, la loi a pris le parti d’encadrer davantage cette nouvelle pratique. Puis, avec la Loi Travail de 2016 de le développer et de lui donner un cadre juridique. En effet, dans une conférence de presse donnée le 31 août 2017, Muriel Pénicaud, ministre du travail, avait présenté les ordonnances visant à réformer le Code du Travail. Or, l’un des objectifs de ce chantier était justement de prendre en compte ce que l’on appelle “les nouvelles formes du travail”.

La mise en place du télétravail au sein d’une entreprise doit être mentionnée dans les contrats de travail, par le biais d’un avenant pour toutes les personnes déjà salariées ou d’un nouveau contrat. L’objectif est avant tout de protéger le salarié et son employeur. Les deux partis pourront notamment mettre un terme au dispositif de télétravail mis en place, et disposer d’une période d’essai.

Du matériel et des outils mis à disposition

Le contrat ou l’avenant devra aussi détailler l’ensemble du matériel et des outils dont le salarié disposera le salarié pour travailler à domicile ainsi que la part des coûts de fonctionnement pris en charge par l'employeur. Travailler à distance nécessite des outils collaboratifs avec des solutions de chat, d’audio et de visioconférence comme slack ou skype.

Source image : skype.com

Source image : slack.com

Une formalisation dans le Code du Travail

Le télétravail est d’ailleurs inscrit dans le Code du Travail et les télétravailleurs disposent des mêmes droits collectifs et du même accès à la formation que ceux qui effectuent leur travail dans les locaux de l’entreprise. Rémunération, temps de travail, congés payés, tickets restaurants, affiliation au régime général de protection sociale ainsi qu’au régime de retraite complémentaire, tous ces droits restent les mêmes pour le collaborateur qui télétravaille.

Comme tous les salariés, le télétravailleur doit également respecter les obligations fixées par son employeur et s'expose à des sanctions disciplinaires (comme l'avertissement ou encore la mise à pied) en cas de non-respect de ses engagements.

Accidents du travail et télétravail :

Le point des accidents survenus dans le cadre du télétravail est également prévu par la loi. Il sont reconnus comme des accidents du travail à part entière : "L'accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail pendant les places horaires du télétravail est présumé être un accident de travail au sens des dispositions de l'article L 411-1 du code de la sécurité sociale".

Un droit pour le salarié, mais pas une obligation

Enfin, le télétravail est un droit pour le salarié. Avec l'entrée en vigueur des ordonnances, il peut demander le télétravail à son employeur, qui devra lui apporter une réponse détaillée suite à sa demande. L'employeur doit donc se justifier auprès du salarié s’il lui refuse le télétravail.
Mais à l’inverse, le télétravail ne peut pas être obligé à un salarié. Il doit obligatoirement être accepté par ce dernier, sur la base exclusive du volontariat. En cas de refus, le salarié ne pourra pas être exposé à un risque de licenciement même si son contrat de travail comporte une clause de mobilité. A noter également que le télétravailleur peut, à tout moment, retrouver un poste au sein même de l'entreprise si le télétravail n'était pas l’une des conditions liées à son recrutement.

Qui pratique le télétravail aujourd’hui ?

Lors de sa conférence de presse de 2017, Muriel Pénicaud avait alors souligné que le télétravail était "une inspiration pour 61% des salariés, mais une réalité pour 17% d'entre eux seulement.” En effet, même si les chiffres continuent à grimper, tous les salariés ne sont pas encore des télétravailleurs.

Selon une étude IFOP Malakoff Médéric de 2018, on recensait, en 2010, 8,9% de télétravailleurs. En 2018, on en comptait 25% et parmi eux, seuls 6% le pratiquaient de manière contractuelle. Le télétravail a cependant de beaux jours devant lui puisque 65% des salariés travaillant constamment à leur bureau se disent intéressés par le télétravail.

Cela a été rendu possible grâce à l’ordonnance de septembre 2017 mais aussi au développement des espaces de travail partagés. On au aussi vu apparaître la notion de flex office, autrement dit le fait de ne plus avoir un bureau attitré.

Source infographie : myhappyjob.fr

 Les avantages pour les salariés :

A priori, ils sont nombreux et c’est donc d’autant plus étonnant que les entreprises ne soient pas plus nombreuses à le mettre en place. En effet, le télétravail auraient des impacts positifs sur la qualité de vie pour 96% des femmes et 95% des hommes.

Grâce à la flexibilité du télétravail, les collaborateurs peuvent concilier plus facilement travail, famille et temps libre.

87% des télétravailleurs estiment ainsi que cela améliore leur niveau d’efficacité et leur apporte un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Le télétravail aurait ainsi pour avantage de les rendre plus épanouis : à la fois car ils se sentent plus autonome dans leur travail, en s’organisant comme ils le souhaitent, et parce que leur équilibre de vie est mieux conservé.

Mis dans de bonnes dispositions, les salariés qui télétravaillent ont tendance à être plus productif et à fournir un travail de meilleure qualité. C’est en tout cas ce qu’expriment, à respectivement 86 % et 84 % les télétravailleurs sondés par le baromètre 2018 du télétravail réalisé par Obergo avec le concours de la CFDT Cadres.

La fatigue est le stress sont également des arguments de taille en faveur du télétravail puisque toujours selon cette même enquête, ce nouveau mode de travail diminuerait la fatigue physique pour 89% des télétravailleurs et le stress liés aux transports à 82%. La limitation des trajets entre le lieu de travail et le domicile permet au salarié d’être plus efficace et productif. Le télétravailleur perd moins de temps dans les transports qu'il peut consacrer à du sommeil supplémentaire. 

Les personnes travaillant à distance seront aussi plus focalisées sur leurs tâches car elles ne sont pas distraites par des collègues ou autres éléments susceptibles de nuire à leur productivité (nuisance sonore des open-spaces par exemple). 

Grèves, intempéries, dégâts des eaux, enfant malade ou rendez-vous médiacal : le télétravail est aussi une réponse efficace aux aléas du quotidien.

Enfin le salarié pourra aussi faire quelques économies, surtout pour celui qui utilise son véhicule personnel pour aller travailler. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui avec l’augmentation significative du prix de l’essence.  


Source infographie : Sygnatures RH

Les avantages pour les entreprises :

Une meilleure productivité de la part des salariés est indéniablement l’un des avantages clés pour les entreprises. Elles ont en effet tout à gagner à avoir des collaborateurs épanouis. Cela engendre moins d’arrêt maladie, moins de turn-over et une meilleure ambiance au sein de l’entreprise. Tous ces éléments mis bout à bout peuvent ainsi générer de fortes économies pour les employeurs.

Le télétravail est aussi une initiative que l’entreprise peut promouvoir dans sa marque employeur : il évoque en effet un management plus moderne et plus respectueux des attentes des salariés, notamment ceux issus de la génération Y ou Z.

Un autre argument financier en faveur de la mise en place du travail est l’économie de surface de bureaux. En effet, adopter le flex office ou le télétravail permet de diminuer le nombre de postes de travail nécessaires pour les salariés. Or, quand on connaît le prix au m2 dans certaines villes, l’économie de place n’est pas négligeable.

Mais malgré tous ces avantages apparents, beaucoup de managers sont réticents à l’idée de mettre en place le télétravail. Pourtant, si on compare les freins avant et après avoir testé le télétravail, on se rend compte à quel point les freins peuvent être levés.

Source image : Tour de France du télétravail

Des avantages encore plus grands : sociétaux et environnementaux

Au delà des avantages qu’il peut avoir dans le monde du travail, le télétravail pourrait bien avoir un impact positif sur le monde tout court. En effet, les bénéfices pour l’environnement sont bel et bien là : la circulation difficile dans les grandes agglomérations aux heures de pointe pourrait se réduire grâce à un nombre croissant de télétravailleurs. Cela permet aussi de lutter contre la pollution atmosphérique.

Télétravail : que du positif ?

Si les avantages relatifs à la mise en place du télétravail sont conséquents à bien des niveaux, les premières études réalisées avec quelques années de recul démontrent déjà quelques inconvénients. Et oui, le télétravail comporte lui aussi ses petits désagréments. En effet, il peut aussi être synonyme d’augmentation du temps de travail (à 57%) et de la charge de travail ressentie (à 15% contre 22% en 2012).

Parmi eux, il y a aussi le sentiment d’isolement ou de solitude. C’est pourquoi, il est recommandé de ne pas faire 100% de télétravail. Un à deux jours par semaine semble être le bon rythme. On recommande en général de ne pas passer plus de la moitié de son temps de travail en télétravail. Aussi, d'autres inconvénients peuvent intervenir comme la diminution du sentiment d’appartenance à l’entreprise, des difficultés à travailler sur un projet collectif une évolution de carrière plus difficile.

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