Et vous, pourriez-vous devenir Chief Happiness Officer ?

Par Marie le 02 septembre 2019

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Depuis quelques années, on entend beaucoup parler de lui dans le monde du travail : le Responsable du bonheur. Toutefois, si on vous pose la question, vous aurez certainement du mal, comme la plupart des gens, à définir exactement ses missions, ou même à mesurer son efficacité. Vu de loin, il semble être plus ou moins le clown de la boîte, ou le collègue sympa qui vous emmène prendre l’apéro. Pourtant, son travail est bien plus complexe qu’il n’y parait, et regroupe un ensemble de responsabilité et de missions variées. Alors, qui est le Chief Happiness Officer, en quoi consiste son job, quelle est sa formation ? Comment ce supposé garant de notre bien-être au bureau nous aide-t-il réellement au quotidien ? Et surtout, pourriez-vous devenir CHO ?

Naissance du CHO

Le concept de Chief Happiness Officer (CHO) est né en dans les années 2000, grâce au passionné de méditation, et ingénieur chez Google, Chade-Meng Tan. Bien décidé à se concentrer sur le développement des personnes et leur bien-être, il aurait quitté l’ingénierie pour se consacrer à la fonction de "Jolly Good Fellow" (soit joyeux camarade). Toutefois, l’idée ne traverse pas tout de suite l’Atlantique et il faudra attendre fin 2015, début 2016, pour la voir débarquer en France, en premier lieu dans les start-ups. D’ailleurs, aujourd’hui encore, on y trouve plus de la moitié des postes de CHO (53%), contre 28% dans les PME et 18% dans les grandes entreprises (source Étude Joblift 2017 : Chief Happiness Officer : appât marketing ou vraie valeur ajoutée ?)

L'importance du bien-être au travail.

En fait, tout part d’un constat simple et, somme toute, évident : un salarié heureux est un salarié productif. Les chiffres en témoignent : le bien-être et même le bonheur des salariés est capital pour obtenir des performances collectives et individuelles. Selon une étude menée par Generali en 2016 :

« 60 % des collaborateurs se sentent plus motivés au travail quand l’employeur prend en considération le bien-être physique et mental au bureau.

De même, selon le baromètre Endered Ipsos 2016, plus de la moitié des salariés considèrent que les mesures prises par les entreprises en termes de bien-être sont insuffisante. L'étude Opinion Way de 2016, elle, montre que 73% des cadres sont convaincus que le bonheur au travail a un impact positif sur la performance de leur entreprise. Et pour cause, il semble qu'être heureux au travail puisse entrainer des changements décisifs chez les collaborateurs :  moins de retard, plus de proactivité, davantage d’engagement dans de nouveaux projets.

Et vous, pourriez-vous devenir Chief Happiness Officer ?
Source Image : Fabrique Spinoza - Think Tank du bonheur citoyen

Les challenges du Chief Happiness Officer

Le Responsable du bonheur, c’est donc celui, ou celle, qui créer le meilleur environnement de travail possible pour le bien-être du salarié, afin que ce dernier soit au top de ses capacités, et ait envie de s’engager dans le développement de l’entreprise. Et pour parvenir à de bons résultats, le Chief Happiness Officer a du pain sur la planche.

Être convaincu

En premier lieu, il doit être convaincu par l’utilité de son métier, il doit être sûr de ses méthodes et de leurs résultats, s’il veut convaincre ses interlocuteurs du bien-fondé de sa présence dans l’entreprise. Ensuite, il doit montrer l’exemple. Un Responsable du bonheur n’a pas franchement la possibilité d’être bougon ou déprimé. Pour croire en ses capacités de leader du bien-être, ses collègues doivent voir en lui un rayon de soleil permanent. Et c’est sans doute l’un des challenges les plus importants du CHO.

Convaincre

Le CHO a un petit côté "commercial", et il saura toujours trouver les mots pour "vendre" son projet, même le plus novateur ou extravagant. Véritable médiateur, il est également capable d’argumenter et de convaincre les tempéraments fermés à ses idées, ou même carrément rebutés par sa présence. Il faut noter toutefois qu'un CHO n'existe dans une entreprise que lorsque les dirigeants y croient et portent sa mission. Si c’est un CHO "gadget" placé là faute de mieux, ce dernier aura beaucoup de mal à accomplir sa mission.

S’adapter à l’environnement

Afin d’être efficace, le CHO a tout intérêt à s’adapter à l’entreprise et aux différents profils avec lesquels il travaille. Il doit donc observer son environnement, l’analyser, comprendre ce qui ne fonctionne pas. Il doit également être à l’écoute de chacun. Chaque projet de bien-être sera ainsi créé presque sur-mesure, avec des solutions créatives et des outils pratiques adaptés.

Le CV du Chief Happiness Officer

Pas évident de définir le Chief Happiness Officer avec précision. Pour chaque entreprise, il y a un CHO différent. Toutefois, certains traits de caractères et missions demeurent.

La formation du CHO

Même si le profil du CHO peut varier, ce dernier aura généralement des compétences en Ressources Humaines, en Communication, en événementiel. Tout dépend en fait de l’axe que souhaite donner l’entreprise à la mission du CHO.

Généralement il a fait les études suivantes :

Niveau bac + 3

  • licence pro en communication
  • licence pro en RH

Niveau bac + 5

  • master pro en communication
  • master pro en RH

La majorité (60%) des postes de Happiness Manager sont liés aux postes d’Office Manager, d’Assistant de direction voire aux Services Généraux, et les missions se limitent aux tâches administratives. Dans 23% des cas, la responsabilité du bonheur au bureau est confiée aux services Marketing et Communication, et 17% des annonces intègrent ce rôle auprès de leurs responsables RH, lui donnant donc une importance dans le développement des talents internes. (source Étude Jobfit 2017 : Chief Happiness Officer : appât marketing ou vraie valeur ajoutée ?)

Les missions du CHO

Les missions du Chief Happiness Officer tournent autour des mêmes points, même si elles peuvent varier dans les détails, en fonction de l’entreprise et des salariés. Il s’agit généralement pour le CHO de :

  • Étudier les conditions de travail de l’entreprise,

  • Instaurer une culture de travail positive,

  • Aménager l’espace et le temps de travail pour permettre aux collaborateurs de s’engager davantage,

  • Faciliter la mobilité c’est-à-dire permettre aux salariés de travailler à distance par du télétravail s’ils en ont besoin,

  • Optimiser le parcours individuel dans l’entreprise,

  • Organiser des entretiens de motivation,

  • Simplifier les rapports à l’administration souvent trop complexes,

  • Améliorer les relations internes et créer du lien social,

  • Organiser des activités de team building et favoriser la cohésion d’équipe.

Et vous, pourriez-vous devenir Chief Happiness Officer ?
Source image : pagepersonnel.fr

Les qualités du CHO

Afin de mener à bien son travail, le Responsable du bonheur ne peut pas se passer de certaines qualités. Ainsi, si vous voulez postuler pour ce travail, vous serez :

  • Positif, optimiste

  • A l’écoute, empathique, attentif

  • Dynamique

  • Altruiste, aimable, convivial

  • Organisé

  • Pédagogue

  • Inventif

  •  Connaître le monde de l'entreprise

Les festivités du CHO

C’est pour son côté festif que le CHO est bien connu du grand public, et il est vrai que le leader du bien-être doit aussi organiser tous les évènements qui favoriseront la motivation des individus et la cohésion des équipes. Entre autres exemples, il pourra mettre en place :

  • des petits déjeuners,

  • des after work,

  • des random lunch,

  • des ateliers de créativité,

  • des concours internes,

  • des apéros,

  • des dîners

  • des séminaires

  • etc…

Le salaire du CHO

La rémunération du Chief Happiness Officer est assez variable et dépend notamment de la taille de l’entreprise pour laquelle il travaille et des tâches qui lui sont confiées. Selon le CIDJ (Centre d’Information et de Documentation Jeunesse), le salaire du CHO est plus ou moins équivalent à ceux des profils issus du secteur de la communication. "Le salaire d’un CHO est très variable (entre 40 K€ / an et 100 K€ / an)."

Le chemin à parcourir du CHO

Outre ses défis quotidiens dans l’entreprise, le CHO doit affronter des challenges sur une plus vaste échelle. 

Un poste confié dans 38% des cas aux stagiaires

En 2016, selon l'étude menée par Joblift concernant le métier de CHO, 69 offres avaient l’intitulé de poste Chief Happiness Officer. Dans 124 autres offres, l'intitulé était plus large et le management du bonheur des collaborateurs était seulement l'une des responsabilités. Un chiffre qui était alors presque six fois plus élevé que l’année précédente. Toutefois, Joblift note que « pour 38% des offres publiées, le rôle de Happiness Officer est délégué aux stagiaires ». Une tendance plus faible que l’année précédente, mais qui prouvait malgré tout que le métier de CHO avait encore du chemin à parcourir pour s’imposer.

Les salariés pas encore convaincus

L’utilité des CHO est même remise en question par les salariés eux même. Selon une étude Monster sur les salariés français et le bien-être au travail, datant de 2017, on note que la priorité des actifs est loin d’être la création d’un poste de Responsable du bonheur.

En effet, ce qui intéresse le plus les entreprises sont les jours de congés supplémentaires (à 28%), une plus grande souplesse dans les horaires de travail (à 27%), un droit à la déconnexion (à 17%), la possibilité de faire du télétravail (à 16%) et enfin le souhait qu’un poste de CHO soit créé (à 12%).

Le Boom du CHO

Même si en France le nombre de CHO n'est pas encore au top, il est en perpétuelle croissance et le nombre d'offres d'emplois avait fait un bon gigantesque de 967% entre 2016 et 2018 (Sources Fabrique Spinoza - Think Tank du Bonheur citoyen). D'ailleurs, chaque entreprise innove quant à l'appellation de son responsable du bonheur et on retrouve aujourd'hui des chief happiness manager, chef du bonheur, responsable qualité de vie et santé au travail, artisan du bonheur, ou encore Feel Good leader.

Alors, êtes-vous prêt à prendre les rênes du poste de Chief Happiness Officer ? Avec un brin de formation en ressources humaines, un soupçon de connaissance dans la com’, une once de compréhension du monde de l’entreprise et une très grande aptitude à vouloir - et à faire !- le bonheur des salariés, vous ferez le parfait candidat. Le Bien-être et la santé de vos collaborateurs, ou futurs collaborateurs, est peut-être entre vos mains.

Et vous, pourriez-vous devenir Chief Happiness Officer ?
Source image : cbo-conseil.com

Pour aller plus loin :

http://loptimisme.pro/ : Media et réseau d'entreprises positif et engagé qui réunit tous ceux qui s’engagent à avoirun impact positif sur le travail et l’humain dans l’entreprise.

www.alchimistedelajoie.com : Aurélie Collet - Alchimiste de la Joie © - Consultante Bien-Etre au travail - Chief Happiness Officer Externalisée

http://fabriquespinoza.fr/ : Replacer le bonheur au coeur du débat public

 

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