Les compétences émotionnelles sont de plus en plus recherchées par les recruteurs. Lesquelles ? Pourquoi ?

Par Audrey le 12 septembre 2018

Soft skills Profil professionnel Competences Emploi marketing Cv Recherche d'emploi
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Les compétences émotionnelles, dites aussi compétences comportementales, compétences douces ou soft skills, semblent bien être le nouveau fer de lance du recrutement. Gros plan sur l’origine de ce phénomène, sur les soft skills les plus appréciées des recruteurs et sur les manières de les mettre en valeur pour travailler dans la communication, le digital ou le marketing.

 

L’évolution du monde du travail, notamment avec la robotisation, l’automatisation et l’intelligence artificielle, nous oblige à miser sur le capital humain, donc les soft skills. Jérôme Hoarau, co-auteur du livre Le Réflexe Soft skills (Dunod, 2014) avec Julien Bouret et Fabrice Mauléon.

 

Soft skills, hard skills : quelles différences ?

La distinction entre soft skills et hard skills est simple à faire :

  • les soft skills désignent les compétences émotionnelles et sociales, comme l’empathie ou encore le sens de l’initiative. Bref, des compétences qui ne s’acquièrent pas à l’école mais que vous pouvez développer dans la vie de tous les jours. Elles font directement appel à votre intelligence émotionnelle ;

  • les hard skills correspondent à vos compétences techniques acquises durant vos études et vos formations. Par exemple, vos compétences en web marketing, en social media ou en web design font partie de vos hard skills. Vous pouvez les prouver facilement aux recruteurs grâce à vos diplômes ou vos certificats.
     

Compétences émotionnelles : quel poids face aux hard skills lors de la recherche d’emploi ? 

Les études portant sur l’importance des soft skills sur le marché de l’emploi se multiplient dans le monde entier. Les chiffres peuvent varier selon les pays et les auteurs mais globalement, les spécialistes s’accordent à dire que les compétences comportementales des candidats pèsent de plus en plus lourd dans le processus de recrutement. A expérience professionnelle et diplôme équivalents, la plupart des recruteurs s’appuient sur les soft skills pour faire leur choix.

En fonction du poste à pourvoir, certains vont même jusqu’à privilégier des postulants aux qualifications inférieures mais plus aptes à faire preuve d’empathie (ou d'une autre soft skill) que leurs concurrents… Un fait notamment corroboré par l’étude publiée en 2016 par le cabinet Robert Half, leader mondial du recrutement spécialisé : 52% des DRH interrogés ont répondu qu’ils accordaient « autant d’importance, voire davantage, aux soft skills qu’aux hard skills ».

Autre point sur lequel les spécialistes s’accordent : dans le futur, les soft skills devraient prendre encore plus d’importance dans la prise de décision des recruteurs. A ce titre, l’étude réalisée par Deloitte Access Economics avance des chiffres particulièrement impressionnants. Selon elle, les soft skills joueront un rôle déterminant pour près de 2/3 de jobs en Australie d’ici 2030, contre « seulement » la moitié des emplois au début des années 2000.

 

Source image : Pixabay

Comment expliquer l’importance des compétences émotionnelles dans le recrutement ?

L’impact grandissant des soft skills sur le marché de l’emploi résulte de l’accumulation de nombreux facteurs, dont :

  • l’internationalisation des marchés. Les compétences sociales et comportementales sont en effet essentielles pour surmonter les obstacles culturels et développer une saine collaboration internationale ;

  • la multiplication du nombre de détenteurs de diplômes. Inclure les soft skills dans les critères de sélection est devenu nécessaire pour mieux différencier les candidats ;

  • l’essor de la consommation éthique et responsable, poussant les entreprises à privilégier les qualités humaines pour développer leur image de marque ;

  • l’ère du digital. De nos jours, les consommateurs peuvent accéder à de nombreuses offres en seulement quelques clics. Autant dire que la compétition fait rage dans de nombreux secteurs. Pour se distinguer de leurs concurrents, beaucoup d’entreprises misent sur leur service client. Or, ce dernier s’appuie beaucoup sur les soft skills…

L’évolution du monde du travail tient aussi un rôle déterminant : les progrès de l’intelligence artificielle, notamment, permettent de déléguer de plus en plus de tâches aux machines. Pour concurrencer ces dernières, les humains doivent s’appuyer sur les compétences émotionnelles, qu’ils sont les seuls à pouvoir maîtriser.

Retenez aussi que bon nombre de recruteurs estiment plus simple d’optimiser les connaissances techniques d’un salarié grâce une formation (interne ou autre) que de lui enseigner le sens des responsabilités ou encore le sens de l’éthique. Ils préfèrent donc qu’il ait déjà les soft skills qu’ils recherchent au moment de l’embauche.  

Que faut-il en déduire pour maximiser vos chances de décrocher un bon job ?

Bien que les soft skills aient le vent en poupe, il faut rester réaliste. Un débutant fraîchement détenteur d’un BTS en communication a peu de chances d’obtenir tout de suite un poste dans le top management, même si ses compétences émotionnelles sont remarquables ! Les recruteurs demandent plutôt un diplôme Bac +5, type Executive MBA par exemple et un bon nombre d’années d’expérience professionnelle pour les jobs à très hautes responsabilités… Mais il n'en reste pas moins vrai que vos soft skills peuvent vraiment vous aider à vous démarquer des autres candidats.

En un mot comme en cent, pour mettre toutes les chances de votre côté lors de votre recherche d’emploi, vous devez conjuguer au mieux compétences techniques et compétences émotionnelles.

Conseil bonus : si vous travaillez dans la communication digitale, le web marketing ou tout autre domaine évoluant rapidement, n’hésitez pas à suivre des formations pour mettre vos connaissances à jour. C’est toujours un plus sur un CV.

Quelles sont les soft skills les plus recherchées ?

Vaste question car les soft skills peuvent varier selon le poste à pourvoir. Cependant, certaines compétences douces sont beaucoup plus souvent recherchées que d’autres. Parmi elles figurent notamment :

  • l’empathie ;

  • l’éthique professionnelle ;

  • le sens de la communication. Cette compétence est indispensable si le job implique de travailler régulièrement au contact d’autres personnes, qu’il s’agisse de clients ou de collaborateurs ;

  • le sens de l’autonomie, partant du principe qu’un salarié incapable de résoudre le moindre problème par lui-même représente un frein pour l’entreprise ;

  • l’esprit d’équipe ;

  • le sens de l’organisation. C’est essentiel pour tenir vos délais, que vous travailliez seul ou en équipe ;

  • de bonnes capacités d’adaptation, pour pouvoir réagir rapidement en cas d’imprévu ;

  • le sens des responsabilités ;

  • la créativité et la curiosité, à plus forte raison si le poste concerné implique de devoir proposer de nouveaux projets. 

CV, lettre de motivation : comment mettre en valeur vos compétences émotionnelles pour trouver un emploi ?

Ecrire simplement que vous êtes créatif et bien organisé ne serait pas très constructif : les recruteurs attendent plutôt des faits et des expériences qui prouveront vos soft skills. Par exemple, si vous leur indiquez que vous avez fait un long voyage en solitaire à l’autre bout du monde, ils pourront en déduire que vous êtes autonome, curieux et probablement bien organisé car ce genre d’expédition ne s’improvise pas…

 

Source image : Pixabay

Et durant l’entretien d’embauche ?

Compte tenu de l’importance croissante des soft skills, vous pouvez vous attendre à des questions plus ou moins atypiques lors de l’entretien d’embauche. Classiquement, le recruteur va vous demander comment vous vous y prendriez pour gérer telle ou telle situation, afin de savoir si vous avez les compétences émotionnelles qu’il recherche. Cela étant dit, certains préfèrent poser des questions plus étonnantes (ex. : « Quel animal seriez-vous ? ») ou même jouer la carte de la provocation pour voir votre réaction. Dans ce genre de cas, l’essentiel est de rester professionnel et de maîtriser vos émotions : surtout, ne vous enflammez pas.

Sachez aussi que les recruteurs n’évaluent pas forcément vos soft skills sur vos réponses en elles-mêmes : selon le contexte, ils seront plutôt intéressés par votre processus de réflexion. Ils peuvent aussi prendre en compte votre gestuelle pour évaluer votre personnalité. Par exemple, garder les bras croisés durant l’entretien peut être perçu comme un signe de repli sur soi et un manque d’ouverture sur les autres. Pas top si le recruteur recherche quelqu’un ayant un bon sens de la communication. Mieux vaut poser vos mains sur la table, c'est plus sûr !

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