Montée en compétences :  quel format d'apprentissage est fait pour vous ?

Par Mathieu le 4 février 2019

Savoir-faire Digitalisation des métiers Montée en compétences Digital learning
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Ce ne sont pas les tentatives qui manquent mais depuis ses débuts, l’école limitée par ses inflexibles rouages, n'a que peu évolué. Malgré tout, ce milieu n’échappe pas au tsunami digital qui s'immisce dans l’immense majorité des secteurs depuis plusieurs décennies maintenant.

Une bouffée d'air frais pour l’éducation, désormais boostée par bon nombre de technologies venues étoffer et fluidifier la transmission des savoirs. On parle ici des MOOCs, SPOCs, COOCs et autres Learning Management System (LMS). Autant de nouveaux formats résolument connectés sur lesquels il vaut mieux se renseigner avant de se lancer, car oui, personne n'était vraiment préparé à ça... et ce n'est qu'un début. 

Se former en France aujourd’hui

Pour mieux comprendre l'émergence et la profilération de ces formats d'apprentissage, regardons rapidement ce qu'il se passe en France. Tous les trois ans depuis 2001 un organisme de l’OCDE appelé PISA (Program for International Student Assessment), ou « Programme international pour le suivi des acquis des élèves » en Français, mesure les performances des systèmes éducatifs mondiaux chez les jeunes de quinze ans. Lors du dernier classement la France est arrivée 26ème, une position stable par rapport au classement de 2012 (25ème).

Peux mieux faire : 

Source image : Classement PISA, ocde.org

« Le système français est à deux vitesses, il fonctionne bien pour les élites, mais ne permet pas aux élèves qui ont du retard de le rattraper. Pourtant, notre étude montre qu'il est possible d'assurer à la fois une équité entre les élèves et un bon niveau » explique ici Eric Charbonnier, expert éducation à l'OCDE.

Rappelez-vous aussi de cette information publiée par Pôle Emploi dans notre article sur l’elevator pitch, affirmant que 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore. Chez nous l’école continue, malgré les tentatives de réformes, à préparer ses élèves à des métiers en voie de disparition et ne peut les préparer correctement à ceux de demain. Si elle continue sur la même voie, on ne risque pas de gagner beaucoup de places au classement. Le prochain est pour 2019.

L’EdTech à la rescousse

Un système à deux vitesses, fragile, mais fertile... car propice au progrès.

Une notion de progrès elle-même boostée par des technologies de plus en plus pointues et à un accès quasi illimité à l’information. Des avancées qui ont petit à petit changé les règles de l’apprentissage. Au même titre que la Fintech, la Foodtech ou Biotech, la technologie a su contribuer à l'émancipation l'éducation dans le digital : dites bonjour à l’Edtech. On y trouve des applications mobile, des plateformes en ligne et objets connectés en tout genre. À l'heure à laquelle nous écrivons cet article, l'Observatoire EdTech, (car oui, il existe un observatoire), a listé près de 393 acteurs de l'éducation en France. Un marché aussi vaste que prometteur, et ce depuis des années, comme le confiait Marie-Christine Levet à l’Étudiant en 2015 : 

« Le marché français de l'éducation pèse 135 milliards d'euros. Si ne serait-ce que 2% étaient investis dans les EdTech, cela représenterait un marché de 2 à 3 milliards d'euros ! À terme, l'e-éducation sera un marché très important et rentable, mais les cycles peuvent paraître plus longs que dans d'autres secteurs et beaucoup de business models restent encore à inventer. »

Car oui, si le constat de PISA sur l’école ne concerne que le processus d’apprentissage jusqu’à l’âge de 15 ans, l’éducation s’adresse bel et bien à tout le monde, même aux adultes. L’EdTech l’a bien compris, c’est pourquoi elle rend l’apprentissage accessible à tout type de profil et tout type de support. Dans ce secteur, élèves de petite section et patrons du CAC40 y trouvent leur compte.


Source image : unsplash.com 

Les différents formats d’apprentissage

Vous l'aurez compris ce qui nous intéresse ici, ce ne sont pas les applis pour enfants, mais plutôt celles qui vous permettront de monter significativement en compétences. 

Les MOOCs : l’acronyme de Massive Open Online Course, ou « cours en ligne ouverts à tous ». Ils se déroulent généralement sur quelques semaines, dans le but de créer des promotions d'apprenants comme dans des formations présentielles et sont proposés par des écoles, des universités ou des plateformes spécialisées. Un MOOC est composé d'activités pédagogiques variées comme le visionnage de vidéos, des quizz, exercices pratiques et travaux collaboratifs pour développer le réseau et les compétences de chacun.

Point important : tout se passe en ligne. Il faut se connecter à une plateforme qui diffuse toutes les activités et ressources pédagogiques. Les MOOCs bénéficient des innovations du web 2.0 et tirent le meilleur des usages des réseaux sociaux et les apports de la pédagogie active. Ainsi l'apprentissage n'est pas vertical (de l'expert vers l'apprenant), mais plutôt horizontal aux échanges entre les participants et l'équipe pédagogique. Le tout est rendu possible grâce aux fonctionnalités sociales des plateformes de MOOCs.

Autre point important, la dimension massive d'un MOOC qui peut être suivi par un nombre quasi illimité de participants. Des milliers voire des centaines de milliers de personnes peuvent se former à un même cours. À l'arrivée, des millions de personnes à travers le monde se sont déjà laissées convaincre par les MOOCs. Cela pose bien entendu un problème, car les MOOCs peuvent aussi ne pas être totalement adaptés aux besoins de chacun. Ce ne sont pas des cours personnalisés, ils sont donc souvent abandonnés en cours de route par les participants.

L’avantage des MOOCs réside dans la diversité des domaines abordés : informatique, économie, histoire, médecine ou encore graphisme et codage, les MOOCs concernent tous les domaines, même les plus spécifiques. Vous trouverez forcément votre bonheur. Initialement destinés aux étudiants, ils s'adressent aujourd'hui aussi aux salariés qui souhaitent développer de nouvelles compétences. Les MOOCs sont généralement de niveau universitaire et délivrent un certificat de réussite gratuit, c'est pour ça qu'ils sont de plus en plus utilisés en entreprise. Certains délivrent un diplôme, mais sont alors payants.

Les SPOCs : un autre acronyme pour Small Private Online Courses, des « petits cours en ligne privés » fonctionnant sur le même principe que les MOOCs, mais comme leur nom l’indique, ils ne sont pas ouverts à tous. Il s'agit d'un format développé essentiellement pour les entreprises qui commençaient sérieusement à s'approprier les MOOCs. Les cours restent bien entendu en ligne, mais se font à effectif réduit, une trentaine de participants seulement. Les SPOCs se divisent généralement par milieux académiques, ce qui les rapproche un peu plus des formats auxquels nous sommes habitués. Un avantage certain sur les MOOCs, en termes de qualité et transmission d'informations.

Un SPOC est un dispositif pédagogique complet animé par un expert du terrain reconnu dans son domaine. Ce dernier accompagne tous les participants grâce à de nombreux outils (chat, visioconférence, forum). Chacun apprend à son rythme et échange avec les autres, une dynamique de social learning qui permet généralement une montée en compétence plus rapide. Au terme de la formation, généralement de niveau universitaire, un certificat de réussite ou un diplôme est délivré.

Les SPOCs peuvent être utilisés comme apport de contenu supplémentaire, en complément à des cours en présentiel.

Les COOCs : un troisième acronyme qui tient cette fois pour Corporate Open Online Course. Ils fonctionnent également sur le principe des MOOCs et les SPOCs mais se distinguent toutefois d’eux, car les COOCs sont créés par une entreprise. Ils se destinent donc uniquement aux salariés de cette entreprise. Les COOCs permettent de se former, mais peuvent servir à d'autres choses comme l'intégration des nouveaux collaborateurs, car oui, les COOCs peuvent aussi servir à inculquer les valeurs d’une entreprise, sa culture etc. Ce format mélange aspects ludiques et communautaires sur une base classique de théorie et pratique et les avantages sont nombreux. Chacun peut apprendre à son rythme et suivre la même formation partout dans le monde.

Dernier point important : son coût.

« Un COOC permet de réduire les coûts de formation. Plus besoin d'une myriade de formateurs ou d'immobiliser les salariés plusieurs heures. Il est possible de se former à son rythme » comme l’explique ici Laetitia Pfeiffer, auteur de l'ouvrage « MOOC, COOC. La formation professionnelle à l'heure du digital 

Le retour sur investissement d’un tel dispositif de formation interne est aujourd’hui peu quantifiable et peut facilement freiner les entreprises, mais l’opportunité financière existe si elle concerne une opération de formation ou de conduite du changement à grande échelle. Cela est donc particulièrement vrai pour les entreprises souhaitant former et informer rapidement une population importante de collaborateurs sur un sujet à la fois précis, mais large dans son impact.

Les webinaires : sont des classes en ligne 100% digitale et le principe est très simple. Les participants sont invités à cliquer sur un lien au début d'un créneau donné pour rejoindre la formation, comme on passerait le seuil d'une porte pour accéder à une salle de cours. Toutes les personnes doivent être connectées au même moment pour participer. Avec casque et micro, chacun peut ensuite interagir sur les thématiques abordées.

Les webinaires demandent une certaine synchronisation donc, mais ont l'avantage énorme de pouvoir ressembler dans une seule et même classe des personnes vivant à des endroits totalement différents du pays, voire de la planète. Les webinaires sont relativement courts et ne délivrent pas de certificat ou diplôme.


Source image : unsplash.com

La formation en présentiel et blended learning : le présentiel est le format traditionnel de formation physique. Toutes les personnes qui suivent la formation sont réunies dans un seul et même lieu pour une durée prédéterminée avec un formateur qui déroule alors son cours selon un mode magistral. L'information y est donc descendante, sans injonction digitale... ou presque. Si le digital entre en jeu, on parle alors de formation mixte, ou blended learning

Ce format combine formation classique et apprentissage en ligne. Il peut s'agir d'un simple support, de formation, mais cela peut aussi être un mix entre MOOC / SPOC / COOC + présentiel. Il n’existe pas de combinaison prédéfinie, tout est possible.

« Par exemple pour apprendre à coder sur Python, nous avons des vidéos que chacun utilise comme bon lui semble. Puis par la suite, les apprenants passent trois jours de formation intensive où ils ne font que pratiquer puisqu'ils connaissent déjà les bases », explique Sophie Rosier, directrice de la Digital Academy d'Axa.

Une combinaison offrant un maximum de flexibilité donc et qui présente d’excellents résultats, car permet de bénéficier du meilleur des deux modes de formations.

L'EdTech continue aujourd'hui de développer le eLearning en adaptant les anciens formats comme pour le blended learning, ou en créant de nouveaux toujours plus pointus. Dernier en date : le mobile learning, qui vise à décliner tout ce dont nous venons de parler sur mobile et tablette à travers des applications toujours plus complètes et fonctionnelles. Le futur de l'école se joue-t-il dans ces nouveaux formats de formations 100% digital ? Quoiqu'il en soit, l'EdTech trace sa propre route et personne ne semble en voir le bout, alors profitons-en. 

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